La tour Saint-Jacques à Paris est le seul élément qui subsiste de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie détruite en 1798. Si le Guide du pèlerin ne mentionne pas la ville, la Chronique de Turpin affirme que l’église a été fondée par Charlemagne, ce qui lui a valu l’inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle.
Ce clocher-tour a été construit entre 1509 et 1523 par Jean de Felin, Julien Ménart et Jean de Revier. Il mesure 52 mètres jusqu’à la balustrade. En 1523, Rault, “ tailleur d’images ” reçut 20 livres “ pour avoir fait trois bêtes [trois des quatre symboles des évangélistes] et un saint Jacques sur la tour et clocher ”. Cette statue colossale mesurait, dit-on, 10 m. de haut. On dit que la tour ne fut pas démolie parce que Pascal y aurait fait ses expériences sur la pesanteur. Il est vrai que l’acheteur de l’église a eu comme condition de ne pas démolir la tour. En 1824 on installe dans la tour une fonderie de plombs de chasse. En 1836, elle est rachetée par la Ville de Paris. En 1850, le Moniteur rapporte qu’on installe au sommet un “ superbe phare qui sera illuminé par la lumière électrique qui doit éclairer tout le quartier ”. En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration du “ délicieux beffroi de Nicolas Flamel ”. Les travaux sont colossaux, ordonnées par l’architecte Baltard et dirigés par Théodore Vacquier et l’ingénieur Roussel. La tour est entièrement reprise depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites, ainsi que plus de vingt statues. De 1854-1858 la restauration est confiée à l’architecte Théodore Balu. La statue de saint Jacques, abattue à la Révolution, est remplacée par une autre, due à Chenillon, lequel a fait une maquette en plâtre dont il reste la tête dans l’église Saint-Jacques d’Illiers-Combray. Autour, fut créé le premier square de Paris.
En 1965, à l’occasion d’une année jubilaire à Compostelle, l’Espagne fit don à la ville de Paris d’une plaque commémorant le départ de "millions de pèlerins" censés s’être rassemblés au pied de cette tour pour prendre le chemin de Compostelle. Depuis le IXe siècle et particulièrement avec la rédaction du Codex Calixtinus au XIIe siècle, Compostelle a très bien réussi la publicité pour le pèlerinage au tombeau supposé de l’apôtre Jacques le Majeur. Mais l’avoir fait graver dans le marbre sur un monument parisien célèbre ne pouvait se faire sans complicités locales. La célébration de l’année jubilaire 1965 leur a donné l’occasion de se manifester. Depuis la désinformation demeure. La réouverture prochaine de la tour Saint-Jacques va la renforcer.
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